Auteur Sujet: La politique navale sous l'Empire napoléonien.  (Lu 932 fois)

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La politique navale sous l'Empire napoléonien.
« le: 25 octobre 2012, 16:07:06 pm »
bonjour Messieurs.

La Marine, au moment de la Révolution, est en France, enfoncée dans une crise tragique après les derniers fastes de Louis XVI (véritable rival des Anglais); elle a en 1793 76 vaisseaux de ligne contre 116 anglais. Les pertes françaises avaient été très importantes, les constructions trop rares: avec la prise du pouvoir de Bonaparte, fin 1799, un redressement s’amorce; en 1803, la France peut aligner, au moment de la rupture de la paix d’Amiens, une quarantaine de vaisseaux et une trentaine de frégates. Les Anglais avaient en disponibilité 130 à 150 vaisseaux et un nombre équivalent de frégates.
La flottille dite de Boulogne offre à l’été de 1804 plus de 2240 bâtiments, pouvant porter 150 000 hommes et leur matériel, leurs chevaux etc. On ne peut à ce sujet, avec les efforts budgétaires consentis entre 1797 et 1804 croire vraiment à un bluff de Napoléon envers les Anglais… Le recrutement, du côté français, fut difficile, lent à réorganiser. On levait en masse des conscrits terriens, sans expérience navale et avec moins encore de formation. Il n’est pas rare que nos équipages se trouvent réduits à moins de la moitié de l’effectif prévu et, dans ces équipages réduits, les malades et convalescents étaient généralement nombreux. Et malgré les efforts de fournitures de bois dans toutes les forêts de l’Empire (dont les forêts spécifiques de Corse, qui séduisaient pour la Marine à la fois Choiseul et... Nelson, en partie à cause du fameux pin laricio), le bois destiné à la Marine est souvent de mauvaise qualité, rendant les vaisseaux fragiles. De plus, la politique de reconquête des Colonies, amorcée par le Directoire et poursuivie par le Consulat et l’Empire, pèse lourdement sur les budgets et les exigences militaires, tournant trop rarement à notre avantage. A la fin de l’Empire, les pertes subies depuis Aboukir et dans les années suivantes sont en partie compensées. Ce sera l’un des mérites essentiels de Decrès d’avoir réussi à rendre à la France une marine de combat opérationnelle.

salutations Grognards.